Ehlers-Danlos, COVID, vaccinations, oxygénothérapie. Nouveaux apports.

Paris 27 décembre 2021

Ehlers-Danlos est une fragilité héréditaire de l’ensemble du tissu conjonctif. Elle est fréquente mais rarement diagnostiquée en première attention du fait de descriptions incomplètes et de multiples symptômes du fait des lésions diffuses incitant à des erreurs de diagnostic. Elle est transmise à tous les enfants d’une personne atteinte mais avec des modalités très variables, Elle épargne le système nerveux (cerveau, tronc cérébral, moelle, racines nerveuses, nerfs, système nerveux sympathique). 

Cette fragilité tissulaire diffuse, ainsi que l’aggravation des symptômes à l’occasion d’une infection, ce qui est souvent observé dans Ehlers-Danlos, conduit naturellement à considérer que ces patients sont vulnérables face à la COVID et doivent donc figurer parmi ceux qui bénéficient prioritairement d’une Vaccination complète, au besoin renouvelée, contre la COVID, dès l’enfance.

Cette vaccination ne comporte pas de risque particulier dans la maladie d’Ehlers-Danlos. La prise d’antihistaminiques deux jours avant et deux jours après permettront d’empêcher ou d’atténuer d’éventuelles réactions vaccinales chez ces patients qui peuvent faire des réactions de type allergique, rapportées chez eux à la fragilité des mastocytes qui sont concernés par l’atteinte héréditaire du conjonctif. L’application de gel de xylocaïne visqueuse ou de patchs Emla pourra atténuer les effets douloureux de l’injection qui peuvent être plus marqués chez ces patients souvent hyperesthésiques.

Tous les vaccins proposés conviennent et les modalités de vaccination qui sont retenues par les autorités sanitaires s’appliquent chez eux avec la même rigueur. 

Parallèlement nous avons observé dans la cohorte de plusieurs milliers de patients Ehlers-Danlos que nous suivons depuis 25 ans que, dans le groupe de ceux traités par vitamine D et oxygénothérapie quotidienne qui ont été contaminés par le/la COVID ne faisaient pas, ou exceptionnellement, des forme graves, n’allaient pas à l’Hôpital, en tout cas pas en réanimation. Ces traitements sont couramment prescrits à nos patients qu’ils améliorent en diminuant le risque de fractures spontanées par fragilité du conjonctif osseux, causes de fausses accusations de violences parentales et en corrigeant l’hypoxie d’origine circulatoire diffuse, notamment cérébrale.

Un lien existe peut-être entre Ehlers-Danlos et le tableau clinique du Covid long. Les manifestations observées sont très proches (fatigue fluctuante, essoufflement, douleurs thoraciques et des membres, céphalées, difficultés de contrôle de la motricité, troubles de la motricité oculaires, troubles intestinaux et ballonnements, sueurs abondantes, fuites urinaires, acrosyndrome…). Il en est de même pour le syndrome post Covid. L’hypothèse à explorer serait le déclenchement ou l’aggravation des symptômes d’une maladie d’Ehlers-Danlos méconnue. Les traitements proprioceptifs, de correction de la dysautonomie et de l’hypoxie chronique, des douleurs, de la dystonie, du SAMA et des désordres endocriniens (diabète insipide, hypothyroïdie…) pourraient apporter des solutions face aux situations de handicap vécues par ces patients.

Nous recommandons, depuis des années, bien avant la pandémie de Covid, la vaccination contre les grippes saisonnières chez toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos. Ceci est encore davantage d’actualité aujourd’hui.

Professeur Claude Hamonet, Médecine physique et de réadaptation, Docteur en Anthropologie sociale. Université Paris-Est-Créteil, Université Jules Verne à Amiens, Faculté des Sciences de la Santé Tunis.

Consultation Ehlers-Danlos : Centre médical ELLAsanté 28 bis rue d’Astorg 75008 Paris. 

Site internet : www.claude.hamont.free.fr

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